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Sun Lutang (ou Sun Fuquan) et l'école dite de synthèse ou école centrée

Sun31

Au printemps de l'an 1882, Guo Yunshen voit son élève Li Kui Yuan lui présenter son jeune étudiant de 20 ans Sun Fu Quan.

Sun Lutang pendant un an ne se verra que corrigé dans sa pratique déja acquise et son San Ti Shi (Posture des trois Corps).

Sun Lutang apportera une contribution considérable au Xing Yi Quan du Hebei. D'abord par sa formidable érudition malgré sa scolarisation de seulement deux années. Il est l'exemple même de l'autodidacte accompli car bien suivi par ses Maîtres et possédant une intention très pure.

Comme il le dit lui même:

"Lorsque vous demeurez concentré et focalisé, il est facile d'exceller"

Son amour des lettres lui permit d'écrire comme chacun le sait 5 ouvrages sur les arts internes de la boxe. En réalité, bien qu'il y eût beaucoup d'écrits sur les arts internes avant que Sun Lutang n'apporte sa pierre à l'édifice, il fut bel et bien le premier à écrire sur ces principes pour le large public.

Il fut également le précurseur d'une phase importante pour les arts martiaux dans leur aspect prophylactique en compagnie de Maître Wu Jian Quan (fondateur du style Wu) et Maître Yang Cheng Fu (petit fils de Yang Lu Chan, de la famille Yang de Taiji Quan), ceux-ci ayant collaboré en 1916 au sein d'une université à Beijing. Cette rencontre permis de donner un nouvel élan et engouement pour les arts martiaux à Beijing, et eut aussi pour vocation d'"adapter" le Taiji Quan à la vision moderne qui se mettait en place alors à l'époque.

Il fut le premier à parler des bénéfices sur la santé du Taiji Quan clairement expliqués au cours des nombreuses conférences qu'il donna au sein de cette même université. Il y a fort à parier que c'est depuis cette période que le Taiji Quan a revêtu cette facette exagérément orienté vers l'aspect thérapeutique. Avant celle-ci, le Taiji n'était simplement qu'un art comme les autres, mais l'érudition de Sun Lutang et sa connaissance des arts alchimiques du Wudang lui permit d'établir les conivences entre ces différents aspects.

Les autres Maîtres emboîtèrent le pas par la suite.

Sun Lutang contribua également de manière pratique par l'ouverture de nombreuses écoles de son style, combinant au fur et à mesure de sa vie les éléments de ses recherches et du mûrissement de ses connaissances des 3 arts internes.

N'ayant découvert le Taiji qu'à l'âge de soixante ans, ce n'est donc que lors des 13 dernières années de sa vie que son enseignement, tel que nous le connaissons, c'est à dire empreint des 3 styles, sera développé.

Car beaucoup s'accordent à dire que ce Gong Fu est empreint des 3 , mais tout dépend de la période à laquelle l'on a eût l'opportunité (pour la seconde génération du Style Sun) de suivre le Maître. Ce qui est par contre sûr, c'est que la publication de ses ouvrages est à postériori de son apprentissage du Taiji Quan.

Comme il aimait à le rappeler ces trois pratiques, bien que différentes, s'appuient sur le même fond, et c'est très certainement ce qui caractérise le style Sun.

Il est important de démystifier une chose importante sur cette pratique. Celle-ci n'est pas une invention synthétique d'éléments empruntés au Xing Yi Quan, au Ba Gua Quan et au Taiji Quan.

  1. Elle possède son Xing Yi Quan, forcément d'influence de Guo Yunshen, incorporant des éléments du Bagua et du Taiji.
  2. Elle possède également son système de Bagua Quan (ou Zhang) incluant des éléments de Xing Yi Quan et de Taiji Quan.
  3. Et enfin son Taiji, qui lui, est fondamentalement sa création, reposant sur l'architecture du Taiji Quan du style Wu (de Wu Yu Xiang) et incluant ses soixante années de recherches martiales.

En réalité le système que Sun Lutang mit au point en profondeur est principalement son Tai Ji Quan, surnommé "Kai He Huo Bu Tai Ji Quan".

Ses influences sur le Xing Yi Quan puisque c'est tout de même le thème qui concerne ce contenu, demeurent principalement énergétiques... Il conçut en effet un système suivant les principes de transformations alchimiques de Wudang : c'est à dire un Gong Fu permettant un renforcement de la constitution et un épanouissement spirituel.

Pour le profane, peu de différences semblent séparer le style Guo du style Sun. Pourtant le Maître Sun est allé aux sources du Xin Yi Liu He Quan, renouant sa pratique avec les racines de celles-ci et consultant des manuels, notamment celui de Yueh Fei.

De légères différences sur les agencements des doigts, des postures et de l'état d'esprit à entretenir caractérisent le style Sun de Xing Yi Quan. Les positions sont aussi très centrées et souvent on parle de "Zhong He Jia" ou de style qui conserve l'harmonie du Centre.

Ses nombreuses périgrinations, et ses voyages vers Wudang lui ont permis d'exacerber le côté prophylactique de ses arts, et ce qu'il est coutûme de traduire par "Entretien du principe vital", c'est à dire le Yangsheng Gong.

C'est ainsi sur des positionnements plus centrés, des théories encore plus en relation avec la cosmogonie Taoïste et l'idée alchimique des souffles vitaux que Sun Lutang fait reposer son système. Car ce qui l'intéresse avant tout est de consolider la santé de ses pairs, déja déclinante façe à la famine et aux mandchous et à leurs impôts écrasants.

Aucune explication martiale n'est donnée. Tous les détails énergétiques et les références sont annotés soigneusement et permettent , pour l'adepte de savoir quel élément ou animal choisir en fonction de ses troubles.

Son Xing Yi Quan s'épure pour ne retenir que l'essence. Il ne contient plus que 3 boxes contre plusieurs autres du système de Guo Yunshen. Ainsi seules la boxe des 5 éléments liés, la boxe des huit formes et celle des 12 animaux et des 5 éléments mixés en une seule entité sont retenues.

Il ne publiera dans son ouvrage que les 5 éléments et les 12 animaux... Préférant enseigner Ba Shi Quan (Boxe des huit formes) à son seul entourage et à ses disciples, selon les experts actuels.

C'est concernant les armes que l'épuration dans le style Sun est la plus flagrante. Alors que les écoles de Xing Yi Quan arbore le bâton, la lance, le sabre, Sun Lutang n'a mit au point en Xing Yi Quan qu'une forme d'épée, probablement héritée de ses connivences avec le fameux général Li Jing Lin, dernier détenteur de l'épée du Wudang. Celle-ci porte d'ailleurs le nom de toute une brranche martiale des Monts Wudang : Chun Yang Jian. Une forme de sabre également et une forme de lance (qui devait faire l'objet d'une sixième manuscrit de la main du Maîtres) ont été mises au point. Ce manuscrit ayant été volé à sa fille, l'ouvrage ne verra malheureusement jamais le jour.

Sun Lutang déclarera toujours que le Xing Yi Quan, est, des trois pratiques, sa favorite. Il excellait dans la forme du Singe (Hou Xing) qu'il appréciait tout particulièrement utiliser dans les nombreux combats qu'il aurait livré. (Certains les chiffrent aux alentours de 60). C'est ainsi que Guo Yunshen lui aurait donné le fameux surnom de "plus rusé qu'un singe vivace".

Il laissera une empreinte de géant dans le monde du Xing Yi Quan, révolutionnant l'idée de l'époque que les artistes martiaux n'étaient que brutes et paysans, et restaurant notamment l'idée de Wude (vertue martiale).

Il incarne parfaitement le guerrier lettré et l'accomplissement de l'individu sur les plans physique, émotionnel et spirituel, à travers la pratique martiale.