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Le Tai Ji Quan de Sun Lu Tang

Après plusieurs années de recherche dans les arts du Tai Ji Quan, du Xing Yi Quan et du Ba Gua Zhang, Sun Lu Tang développa le style Sun de Tai Ji Quan. Sun Jian Yun décrivait cette méthode comme regroupant la marche du Ba Gua, les mouvements de taille et de jambes du Xing Yi Quan, et la douceur du corps, du Tai Ji Quan.

Sun devint alors très réputé pour sa méthode de Tai Ji et sa capacité à l’appliquer. Un artiste martial japonais très célèbre était si déterminé à évaluer les capacités de Sun qu’il réussit à convaincre l’empereur du Japon de l’envoyer en Chine combattre Sun. En 1921, le japonais lui rendit donc visite et, parlant par l’intermédiaire d’un interprète, dit, «j’ai entendu dire que vous pratiquiez un art martial Chinois qui utilise la douceur pour contrer le dur. Et bien, je suis dur ! Comment souhaitez-vous m’affronter ? Je combattrais avec n’importe quelle règle et contre n’importe quelle arme.» Sun se tourna vers l’interprète et dit « Etant donné qu’il est invité dans notre pays, je le laisse décider.» Le Japonais annonça, « Je vais utiliser la force brute pour prendre votre bras et le briser. Voyons si vous pouvez utiliser votre douce énergie afin de contrer cela!» Sun, qui culminait aux alentours d’un mètre soixante et arrivait à l’épaule du Japonais, désirait lui donner un essai. Concerné par le fait qu’il pouvait simplement déplacer ses pieds et se défaire de la clé de bras, le Japonais reprit,  « Je souhaiterai que vous surpassiez ma technique sans courir.» Sun dit alors, « Je peux vous faciliter la tâche.»

 Sun fit déplacer tous les meubles sur le côté par les spectateurs et fit libérer ainsi un espace sur le sol. Il annonça à son tour,  « je vais m’allonger ici sur le sol, vos élèves pourront tenir mes pieds, et vous pourrez appliquer votre technique. Je conserverai même mon autre bras derrière le dos.» L’interprète compta, « un, deux, trois ! » Au comptage de trois Sun rapidement souleva son bras qui était libre de derrière et appliqua une frappe sur un point de l’estomac de son adversaire. La frappe de ce point fit lâcher prise à son adversaire et Sun put libérer son autre bras et sauta sur ses pieds. L’adversaire de Sun n’était pas si facile à mettre hors-jeu et suivit Sun. Celui-ci frappa à nouveau d’autres points sur le corps de son adversaire et le projeta littéralement dans une bibliothèque. La bibliothèque s’écroula sur la tête du challenger. L’interprète cria, « Vous l’avez blessé ! » Sun dit, « Il ira bien. Dites lui que lorsqu’il se sera relevé et qu’il aura repris son souffle, alors nous essaierons encore une fois.» Son adversaire, admettant sa défaite, refusa d’essayer à nouveau.

Sun Lu Tang était très réputé pour infliger des dégâts considérables en utilisant des techniques très légères. Une fois qu’il effectuait la poussée des mains avec un très large et charpenté étudiant surnommé Li, celui-ci se mit en colère du fait que Sun soit si petit et arrive si facilement à le contrôler. Il pensait en lui-même, « Il est tellement plus petit que moi que si je l’écrase, j’irai sûrement m’envoler.» L’élève tenta d’exécuter Fa Jing  (émettre la force) et Sun dévia la force avec légèreté comme si rien n’était arrivé. Frustré du fait qu’il n’avait réussi à frapper Sun, l’élève s’en alla. Plusieurs heures après l’élève revint et le Maître était assis sur son pupitre d’écriture. L’élève transpirait abondamment et pouvait à peine parler. Sun dit « Au moment même où vous alliez tenter de me frapper, je savais ce que vous aviez en tête.» L’étudiant s’excusa et Sun reprit,  « vous avez subit d’importants dommages internes.» Tendant au colosse le papier sur lequel il écrivait il dit encore, « Prenez cette prescription et ensuite rentrer chez vous pour vous reposer. »Le lendemain, l’entièreté du bras de l’élève était noire.

Le second fils de Sun Lu Tang était très en colère contre cet étudiant qui avait essayé de frapper son père. Plus tard, il voyagea jusqu’à Shanghai et prit cet étudiant avec lui. Le fils de Sun dit,  « Cet homme a tenté de vous frapper. Il pourrait essayer à nouveau ! Pourquoi le traitez-vous donc si bien ? » Sun dit, « Tu es dans le faux. Il sait que j’aurai pu le blesser sérieusement. En lui donnant simplement de cela un petit aperçu, il sait désormais que j’ai usé de compassion et de sagesse pour contrer sa violence et désormais il me respecte.»    

En 1923 Sun fut attristé de la mort de son troisième fils, Sun Huan Min, qui décéda dans un accident à Shanghai en 1922. Xu donna un mois de congé à Sun et celui-ci se rendit à Shanghai  et Hong Zhou. Alors qu’il s’y trouvait, il accepta plus d’une centaine d’étudiants. Fin 1923, le quatrième manuscrit de Sun, la véritable essence de la boxe, fut terminé. En 1924, Sun démissionna de son poste au gouvernement et vint en Province du Shanxi pour en superviser la pratique martiale. En juillet de cette même année, le quatrième livre fut publié. Avant janvier 1925, le manuscrit du 5ème ouvrage, l’étude du Ba Gua de l’épée, fut complété. En Novembre de l’année 1927, le livre sur l’épée fut publié.

En 1928, le président de l’académie nationale des arts martiaux de Nanjing, Zhang  Zhi Jiang, et le vice-président, Li Jing Lin, invitèrent Sun Lu Tang à enseigner à Shanghai. Accompagné de son disciple Yang Shi Yuan, Sun prit un bateau pour Shanghai. En 1924, Chen Wei Ming, l’élève de Sun, instaura une école d’étude du Tai Ji Quan , et par là - même, cette pratique devint fort connue dans la région. Après que Sun arriva sur Shanghai, il resta chez Chen  pour une courte période. Plus tard Sun se rendit à Nanjing et fut nommé conseiller principal de la branche des arts internes à l’Académie Nationale des Arts Martiaux.

En automne de l’année 1928, l’Académie des Arts Martiaux de la province de Jiang Su fut établie dans le conté de Zhong Jiang. Le président provincial invita Sun Lu Tang à administrer l’école et celui-ci accepta l’offre. Sun dirigea l’école avec ses disciples Qi Gong Bo, Sun Zhen Chuan et Sun Zhen Dai. Durant cette période, Sun voyagea fréquemment entre Nanjing, Shanghai, Su Zhou et Hang Zhou pour instruire ses élèves.

En 1930 eut lieu une terrible inondation dans les provinces de Jiang Su et Zhe Jiang. Dans le but de récolter de l’argent pour venir en aide aux victimes des inondations, Sun prit un groupe d’élèves à Shanghai et organisa une démonstration bénévole d’arts martiaux. Après que les étudiants de Sun eurent démontré leur Gong Fu, Sun lui-même investit l’aire de pratique et démontra la boxe Za  Shi Chui  du Xing Yi Quan. Lorsque son premier coup de poing fut lancé, l’audience put entendre le son de l’air se déchirant devant son poing. Lorsque son pied martela le sol, il semblait que le tonnerre s’y abattait. Sur le mouvement final du corps qui tourne, la barbe grise et blanche de Sun claqua dans le vent. Sa démonstration fut l’apogée de l’œuvre caritative.

Au printemps 1931, Sun Lu Tang ignora une vieille tradition et ouvrit une section de pratique martiale pour les femmes à l’école des arts martiaux de Zhe Jiang. Soixante étudiantes s’enrôlèrent dans cette section. Devant l’engouement que suscitait une telle entreprise, Sun envoya un télégramme à sa fille pour lui dire de le rejoindre et d’enseigner cette classe. Après que les Japonais aient envahit la Chine en 1931, Sun quitta son poste à l’académie des arts martiaux et retourna à Pékin.

Sun Jian Yun rapporte que son père enseignait toujours que la raison pour laquelle on pratiquait les arts martiaux n’était pas le combat. Il disait que si l’on souhaitait combattre, l’on n’avait qu’à utiliser un revolver. Son conseil aux étudiants était de pratiquer dans le but d’améliorer la santé du corps. Il expliquait que le but des arts martiaux était d’être en bonne santé lorsque l’on était en vie, puis de mourir rapidement et paisiblement. Il soutenait que si l’on était fort intérieurement, l’on ne tomberait pas malade et que lorsque le corps dépérit par son grand âge, l’on mourrait paisiblement, sans maladie dégénérative, et lente. De récents articles de Chine continentale rapportent que Sun était bien connu pour avoir refusé des étudiants qui étaient intéressés uniquement par le combat, leur conseillant de trouver un bien meilleur enseignant que lui.

Sun Jian Yun nous dit que son père ne pensait pas qu’il y ait une quelconque voie  secrète dans la pratique des arts martiaux. Il insistait sur le fait que deux mots seulement caractérisaient la pratique, Zhong He, qui se traduit par l’équilibre ou la « neutralité.» Il recommandait souvent à ses pratiquants de suivre les principes du style pratiqué mais de ne pas pratiquer quelque chose trop souvent. La pratique doit être équilibrée. Sun Jian Yun ajoutait, « tout comme lorsque vous avez chaud, vous ôtez votre vêtement ou lorsque vous avez froid vous vous couvrez davantage, dans la pratique, lorsque vous l’investissez, il s’agit de rechercher l’équilibre juste. »

Sun Jian Yun se rappelle que lorsqu’elle était jeune elle observait son père pratiquer dans la maison. Elle dit qu’ils vivaient dans une maison au style ancien. La seule chose qui divisait les pièces était un morceau de tissu qui était suspendu depuis le plafond. La pièce dans laquelle Sun pratiquait était un petit peu trop petite pour les formes qu’il exécutait et à un moment précis de la forme il devait donner un coup de pied rapidement et frapper le tissu qui divisait les pièces. Elle rapporte que son père était si précis dans ses formes que chaque jour il frappait du pied le même endroit. Après plusieurs mois il perça un trou dans le tissu à l’endroit où il mettait le coup de pied, et sa mère dû repriser le trou. Toutefois, de nouveau  plusieurs mois après, un nouveau trou apparut à l’endroit exact du précédent