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Le journal de Sun Lutang

En plus de l’enveloppe mentionnée auparavant, un autre des importants documents de Sun fut également perdu. Sun Jian Yun dit que son père conserva un journal dans lequel il écrivit jusqu’à ses 60 ans. Il n’aimait pas trop parler aux gens, mais gardait une trace de toutes choses ; de ce qu’il avait appris de ses enseignants, les gens qu’il avait enseignés, les gens qu’il combattit, etc. dans son journal. Pour le 60ème anniversaire de Sun (un anniversaire très important pour les Chinois) plusieurs douzaines de ses étudiants vinrent à Pékin. Le journal de Sun se trouvait sur son étagère à livres dans sa maison. Une fois que tout le monde fut parti de la fête, le journal avait disparu. Après que Sun Lu Tang meure, sa fille  fit passer une annonce dans le journal, demandant à celui qui avait emprunté le livre de le ramener et promettant qu’elle le rendrait disponible à l’entièreté de ses étudiants. Personne ne ramena le journal, toutefois, plus tard elle découvrit  que l’un de ses étudiants l’avait pris et l’avait donné à son fils. Plus tard elle suivit le fils à la trace, mais ce fut après la révolution culturelle et le journal avait été détruit.

            Le tombeau de Sun Lu Tang souffrit également de la révolution culturelle. En 1966, la Garde Rouge vint sur la tombe de Sun pour piller son contenu. Ils se figuraient que comme il était très célèbre, il devait avoir été riche et avoir quelques objets de valeur inhumés avec lui. Ils ne trouvèrent que quelques pièces et l’épée de Sun. Ils prirent les pièces et jetèrent l’épée sur le sol. Quelqu’un du village retrouva l’épée et la mit en sûreté. Plus tard le villageois présenta l’épée à Sun Jian Yun et la confia au gouvernement comme trésor national. En 1982, les adeptes du style Sun aidèrent Sun Jian Yun à restaurer la tombe de Sun Lu Tang.

            Sun Jian Yun, qui, à 80 ans est pleine de vie et apparaît en excellente santé, rapporte que son père fut toujours un homme humble et honnête, il ne fut jamais ni fier ou arrogant. Bien que l’unique formation scolaire qu’il reçut fût entre les âges de sept et neuf ans, il fut un érudit respecté. Il écrivit cinq livres durant sa vie. Le premier livre, l’étude du Xing Yi Quan, fut publié en 1915, le second livre, l’étude de la boxe des huit trigrammes, en 1916. Son livre sur le Tai Ji Quan (l’étude du Tai ji Quan) fut publié en 1921, son livre l’essence véritable de la boxe fut publié en 1924, et son livre sur le Ba Gua de l’épée ( l’étude de l’épée du Ba Gua) fut publié en 1927. Lorsque Sun Lutang mourut, il avait achevé les deux tiers de ce qui était le sixième livre. Ce livre, l’étude de la lance du Xing Yi, ne fut jamais publié.

            Sun Jian Yun dit qu’il y avait un érudit du nom de Liu Zhun Li qui avait été classé premier aux derniers examens impériaux en Chine. Après que Liu eut lu quelques extraits des ouvrages de Sun, il fut convaincu qu’un artiste martial n’avait pu les écrire. Beaucoup d’artistes martiaux de cette époque étaient illettrés et manquaient d’éducation. Liu rendit visite à Sun et dit, »Vous n’avez pas écris ces livres. Qui les a écrit pour vous ? » Sun dit au visiteur qu’en fait il les avait écrit lui-même. Liu, convaincu que Sun mentait, évalua Sun toute la journée sur les classiques de littérature, le Yi Jing, et les mathématiques. Il fut incapable de mettre Sun en échec sur quelque sujet que ce soit. Liu finalement dit, »Vous êtes Maître à la fois en littérature et en arts martiaux. »

            Sun Lu Tang, qui à travers sa vie accumula des surnoms tels que « Héros à tête de tigre », « première paume sous le Ciel », et «plus malin qu’un singe vivace», est respecté tel un géant dans les arts martiaux et comme Maître de sa génération.