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Le courant orthodoxe ( Ma Xue Li, Qi Shou et Cao Ji Wu):

Premier éclatement "régional" de l'école de Ji Long Feng, Ma Xue Li partira pour la province du Henan, Cao Ji Wu pour celle du Shanxi, et Qi Shou demeurera dans le Jiangsi. Le nom de Xing Yi Quan fut conservé de façon générale. il faut se souvenir que le terme de Xing Yi Quan désigne toutefois une pratique de façon générique divisée en trois branches principales que l'on qualifie parfois aussi d'orthodoxe, de naturelle, ou de synthèse.

 

Le Maître Ma Xue Li et l'école du Henan:

Le style de Ma Xue Li (1715-1790), musulman de confession, possèdera également le nom de Xin Yi Liu He Quan (boxe du coeur, de l'intention, et des six harmonies). Style très conservateur, il ne restera longtemps enseigné qu'aux seuls musulmans, subissant ainsi peu d'influences extérieures. Il se développa ainsi de façon très linéaire. Le Maître Ma appuyait surtout son enseignement sur la répétition inlassable des enchaînements de base, et sur la technicité de ses mouvements, permettant à l'école de conserver son identité intacte jusqu'à nos jours. Originaire du Henan comme le célèbre temple de Shaolin, il sera parfois l'objet de confusion concernant celui-ci ( l'art du Shaolin connaissant une branche interne appelé Shaolin Nei Bai et possèdant un style connu sous le nom de Xin Yi). Cette confusion est d'autant plus renforcée par le fait que son travail se situe aux frontières de l'externe et demeure l'une des plus démonstratives. L'on peut noter que cette branche ne compte que 10 animaux au lieu de douze.

Le Maître Qi Shou et l'école du Jiangsi:

Le style de Xing Yi Quan de l'école du Jiangsi s'éteindra rapidement avec la mort du Maître Qi Shou. L'on ne note aucune descendance ou lignée ayant pu être retracée et digne de succès. Selon certaines sources, il aurait néanmoins eût une grande influence sur les styles d'arts martiaux du Sud de la Chine, notamment dans le travail des mains collantes ( Chi Sao pour les arts du sud, ou Tui Shou pour le Xing Yi ).

Le Maître Cao Ji Wu et l'école du Shanxi:

Cette branche, de par son emplacement géographique, profita de nombreux apports extérieurs. La lutte mongole et d'autres arts en vacations dans la région se confrontèrent au Xing Yi local, obligeant la population à prêter plus d'attention aux saisies par exemple, ainsi qu'aux projections. C'est donc tout naturellement que ce Xing Yi devint plus libéral que celui de Ma Xue Li.L'influence s'inscrivant dans la réciprocité puisque le Xing Yi influencera à son tour de nombreux styles du Nord de la Chine.Bien que le travail statique , pan classique du Xing Yi fut conservé, l'on y ajouta le travail dynamique et des postures martiales plus hautes, convenant à l'amplitude des déplacements. L'on peut ainsi dire que ce Xing Yi Quan (que l'on nommera Xin Yi Quan , en réalité, boxe du Coeur et de l'intention) fut influencé tant sur le plan du corps d'imitation, que de celui de l'intention et de l'ouverture de l'esprit (en étant moins conservateur). Cao Ji Wu transmettra son art aux deux très célèbres frères Dai Long Bang, et Dai Ling Bang.

Dai Long Bang, et Dai Lin Bang, vivant de leurs propres récoltes et de protection de diligences, reçurent la visite d'un certain Li Luo Neng (qui deviendra plus tard Li Neng Ran). Celui-ci, ayant entendu parler de leur force, voulut apprendre auprès d'eux, après un échange qu'il conviendra d'appeler amical. Celui-ci reçut donc l'enseignement des deux frères, qu'il ramenera dans la province du Hebei , dont il fut originaire. A noter que selon certains historiens, Dai Long Bang serait le créateur des deux animaux supplémentaires que sont l'oiseau Taï, oiseau mythique apparenté à notre Phoenix, ainsi que Tuo, l'alligator. La boxe de la famille Daï est restée longtemps secrète et jalousement gardé jusqu'à nos jours.