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Aspects techniques et généralités introductives

L'art du Xing Yi Quan, ou boxe du Corps et de l'Intention, figure un art martial linéaire reposant, comme tous les arts taoïstes, sur une compréhension profonde de la cosmogonie décrite par cette même spiritualité (Utilisation du Taiji, du Yin-Yang, des San Cai, des 4 images, 5 éléments, etc...)

Ce qui frappe l'esprit de prime abord reste la simplicité du Xing Yi Quan. Les gestes sont épurés, délaissant totalement l'esthétique acrobatique au profit d'une sobriété et d'une efficacité optimale, ce qui nous conduit au principe majeur:  la primauté de l'utilisation de l'intention sur la forme, ou la technique. Les mains, à l'instar du Taiji Quan et du Bagua Quan, sont principalement utilisées et les coups de pieds abondent peu, lever la jambe étant considéré comme dangereux pour la perte des appuis. De surcroît, la force étant en grande partie contactée par le sol, il était d'autant plus malhabile d'utiliser trop fréquemment ces membres. L'on notera cependant la présence de plusieurs coups de pieds, mais n'excédant jamais le niveau de la ceinture.

Regroupant 3 types de déplacements ( linéaire, en zig-zag et semi-circulaire), les manoeuvres s'éxécutent de façon simple et minutieuse, contactant la force souvent par une chaîne musculaire et osseuse précise, et par le fruit d'un enracinement recherché tout au long des années de pratique.

Le Gong Fu de manière générale, considère que l'homme est un liant entre Ciel et Terre, et ainsi, il doit se tenir debout afin d'incarner pleinement cette force,les chutes au sol étant considérées comme extrêmement dangereuses.

Ainsi cela nous conduit au travail des positions statiques (Zhan Zhuang = se tenir droit comme un pieu), principe phare de toutes les écoles d'arts martiaux de la Chine, quelles qu'elles soient.

La position statique "Santi Shi" était traditionnellement travaillée au moins trois ans, accompagnée de sa mise en oeuvre dynamique, Pi Quan, manoeuvre de séparation liée à l'élément du métal.

Les objectifs multiples de cette posture concernait aussi bien le renforcement du corps, que de sa transformation des chaînes musculaires et tendineuses. Elle apporte également un alignement sur le plan énergétique des trois centres (ou dan tian) principaux. L'enracinement étant la première qualité à développer, la persistence de la pratique de cette position ne s'achèvera qu'avec la vie du pratiquant !

Techniquement , donc, le Xing Yi Quan est un art épuré dont la primauté est donnée à la culture de l'enracinement, de l'utilisation du "Yi" (l'intention imaginative) et au renforcement de l'énergie vitale (Qi).

Principalement, le registre technique repose sur deux parties principales : les 5 éléments et les 12 animaux. Puisque nous avons fait état de la primauté de l'intention sur le corps, il s'agira également pour les animaux de capter l'essence martiale de chacun d'entre eux et non d'entrer dans l'incarnation grossièrement imitée de ceux-ci, telle que dans le Shaolin moderne, qui transforme l'art martial en exhibition zoomorphique sans aucun sens.

Il s'agit donc de travailler à partir de schémas mentaux élaborés (utilisation de visualisations ou d'idées traditionnelles pour susciter une intention qui sera ensuite incarnée et véhiculée par la technique, donc le Corps).

 

Xing Yi Quan = Corps qui incarne l'Intention.