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05 DéCEMBRE

Hsguatama

Les arts énergétiques tels que le Qigong (氣功) et le Dao Yin (導引), contrairement à l'engouement moderne dont ils sont victimes, n'ont de même que la méditation, jamais été conçus pour un quelconque bien-être.

Provenant à l'origine du chamanisme ancien, celui-ci s'est ensuite lentement laissé infuser par la pensée quiétiste et Taoïste de Laozi et Zhuang Zi, trouvant alors un peu plus de codification avec le courant Huang Lao Dao.

La recherche du Qigong s'est, au delà de la volonté de rester synchronisé avec la Nature, orienté sur l'entretien de la Vie et du Principe Vital (Yangshen). Dans le monde oriental où la réincarnation fait force de loi, et ce, quelle que soit la spiritualité, il devenait important d'atteindre l'éveil spirituel le plus vite possible, voire en une seule vie.

Après avoir essuyé nombre d'échecs suite à l'absorption de métaux lourds (Wai Dan 外丹), notamment le fameux sulfure de mercure (Cinabre), les Taoïstes se sont dirigés vers une autre méthode, le Nei Dan(內丹).

Le Qigong propose alors un système aboutissant à l'éveil de l'esprit en transmuant les substances intérieures des Trois Trésors (San Bao) pour permettre celui-ci. Le Qigong "alchimique" était né, et par là-même, le courant Zhong Lü Dao.

L'approche Bouddhiste, en tous cas chinoise, s'appuie également sur ces principes d'utilisation des trésors, bien que sa dialectique repose davantage sur l'utilisation des muscles, des tendons, des ligaments, des os et des moelles. Les méridiens tendino-musculaires (經筋) sont également très employés, alors que les méridiens d'acuponcture et même les Trois Centres (Dan Tian 丹田) sont plutôt secondaires. Il est également aisé d'y retrouver la pensée Yogique.

Bien que les chercheurs modernes, et surtout la demande populaire s'orientent aujourd'hui vers la Santé, le Qigong n'est PAS un médicament pour lutter contre la maladie, mais s'occupe davantage de préserver la vitalité, ce qui lui confère tout son aspect prophylactique.

Les Qigong ne sont pas une porte de sortie à un mal-être, mais offrent une meilleure perception et connexion avec les énergies subtiles environnantes pour développer le potentiel infini de l'esprit de l'homme (Ren 人). Les changements qu'il provoque peuvent être à l'origine de mouvements assez importants intérieurement comme extérieurement. Ce n'est pas Yves Rocher qui a fondé le Qigong, mais des êtres amoureux et soucieux du perfectionnement de soi, qui ne se fait jamais ou rarement avec facilité et dans la soie.

Cet art, comme les autres arts chinois, repose sur l'expérience vivante d'une cosmogonie décrivant l'apparition des polarités Yin et Yang, les Cinq Éléments ou encore les Huit Trigrammes, sans oublier leurs multiples mutations, et leur nature de changement constant.


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05 DéCEMBRE

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Les arts martiaux chinois ont plusieurs dimensions extrêmement profondes, et ne se sont jamais limités à la seule volonté d'acquérir l'efficacité martiale, même si celle-ci est bien entendu incontournable. Le Kung-Fu ou Gong Fu (功夫) pour être plus juste, est, au delà du perfectionnement de soi à travers l'étude des enchaînements personnels, également une méthode de connaissance et de compréhension de l'autre, à travers les nombreux exercices pratiqués à deux. Ces méthodes, parfois très proprioceptives, sont généralement désignés par le terme Tui Shou (poussées de mains) dans les arts du Taiji Quan, du Bagua, du Xing Yi Quan. Mais on saura les retrouver également dans les arts tels que le Wing Chun avec le Chi Sao (Mains Collantes).

En dehors de ces aspects martiaux et de cette notion d'approfondissement de la connaissance de soi et des autres, les arts martiaux revêtent une importance cruciale concernant l'aspect thérapeutique et prophylactique. La construction de certains types de Kung-Fu repose donc parfois, que ce soit pour les styles dits maladroitement "internes ou externes" sur une connaissance profonde de la trame énergétique de l'être humain, utilisée également par la médecine chinoise.

Ainsi, les canaux d'acuponcture sont stimulés, étendus, étirés, vrillés, joints en différents circuits, pour réguler et harmoniser la circulation du Qi, la fameuse énergie vitale présente en toutes choses, et véritable souffle du Tao, produit par les interactions entre Yin et Yang.

Si ces deux aspects sont primordiaux à la vue des Chinois, Taïwanais et autres membres de diasporas, deux autres sont tout aussi importants : la possibilité à travers les arts martiaux de bonifier son esprit et de l'éveiller, puis enfin, idée plus éthérée s'il en est, d'influencer le cours de son destin (Ming 命).